Patrick Lamouroux a passé son enfance dans la petite entreprise de chaudronnerie de son grand-père et il garde, imprimés en lui, les odeurs et les bruits que produisent le travail du fer.

C’est pourtant vers les arts martiaux et la danse contemporaine qu’il se dirige dans un premier temps. Il prend conscience de la présence du corps,  de ses tensions et du mouvement. Après bien des années de pratique, en recherche d’une nouvelle expression artistique,  Patrick Lamouroux va naturellement s’orienter vers la sculpture sur métal. Dès lors, il n’aura de cesse de chercher à retrouver les équilibres et les dynamiques des volumes et des corps.

 

 

 

“En tant que danseur, je suis très intéressé par le mouvement figé dans le temps. Le mouvement à vitesse zéro…. La vitesse n’y est plus, mais  il reste dans les corps les tensions et les énergies qui suggèrent la vie … C’est ce que j’explore dans mon travail de sculpteur“

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“ Les Âmes Eparses “

 

Sur les traces de son grand père qui a combattu à Verdun, Patrick Lamouroux parcourt, il y a quelques années cette terre de bataille. Les champs et les forêts qui ont été le théâtre de la grande guerre sont parsemés,  encore aujourd’hui,  des traces tangibles des combats, “Ces brins de mémoire d’un passé réduit en miettes….“. C’est pour lui une révélation et le début d’un projet mémoriel et alchimique de transmutation de ces matériaux en personnages libres et en mouvement.

Il entame alors un patient travail de collecte, de nettoyage  et de tri. Morceaux d’acier torturés, fragments d’engins de guerre laminés, éclats d’obus, lambeaux de mines, débris de métal déformés…  Il va offrir  à  chacune de ces pièces une nouvelle destinée en leur faisant prendre corps et en leur procurant une nouvelle humanité.

 

Saisis dans le mouvement, ses personnages presque minéraux révèlent, au travers de leur ombre, une vraie grandeur, une énergie de fond. Une impulsion singulière. Comme un soudain élan de vie….

 

 

“Je ne peux pas oublier que peut-être cet éclat d’obus a pu ôter la
vie à un soldat, je ne peux pas le considérer comme un matériau ordinaire  et je suis obligé de le penser comme un vestige historique, une sorte de fossile que je me dois de respecter. J’essaie que mon travail de sculpteur soit à la hauteur de ce matériau.
Je ne cherche pas  à ce que mes personnages ne fassent  qu’ évoquer  la souffrance et de la douleur. Au contraire  je veux leur donner un élan de vie… Quelque  chose de l’ordre d’une élévation.

Qu’ils aient le dernier mot sur la mort …“.

Sélection d’œuvres